Agnes-Toth

Fragmenter le monde / Grozeille.co

N’apprenons pas à vivre dans les ruines

En lisant Fragmenter le monde de Josep Rafanell i Orra

« Et toi, c’est quoi tes qualités et tes défauts ? », sacrée question, moquons-nous en mais sans doute cette rengaine dit-elle beaucoup de nos sociétés. La méthode a beau varier, personne n’échappe au contrôle d’identité. C’est que notre monde aime ce qui est bien identifié et compar­ti­menté, lui-même se dépeint ainsi : unitaire, discer­nable, tout rond. Mais une plus fine perception nous apprend que son archi­tecture n’arrête pas de s’effondrer, comme un château en ruine dont on essayerait tant bien que mal de coller les morceaux à la glu : les gardiens veillent à ce que personne ne puisse voir les fissures.

Au risque de recon­duire une métaphore éculée, disons que Josep Rafanell i Orra tente de nous ouvrir les yeux. Le monde ne se tient qu’en tant qu’il se désagrège. Plus qu’un constat, cette ouverture du regard ouvre des possi­bi­lités straté­giques inédites. La lecture de Fragmenter le monde (éd. Diver­gences) est verti­gi­neuse tant le livre est dense, plutôt court (100p) et direct. Matrice peu connue de bien des réflexions qui parcourent Maintenant du Comité invisible, il s’en écarte en insistant avant tout sur la valeur positive des fragments et l’importance de l’enquête. Comme d’habitude, il est écrit dans le savoureux dialecte rafanellien. Nous vous en livrons une intro­duction.

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